het Theater Festival

SAVE THE DATE 05 SEP - 15 SEP 2019 GENT

State of the Union – Fabrice Murgia (FR)

Vr 01 Sep 2017

 

Let’s talk about borders

Fabrice Murgia
State of the Union 2017

(c) Tina Herbots

C’est un honneur de prononcer ce soir le State of the Union 2017. C’est aussi une responsabilité, car au-delà du symbole politique, confier le State of the Union à un artiste belge francophone est un geste d’ouverture manifeste.

Nous sommes proches… Nous sommes si proches que nous partageons la même ville. Malgré toute la bonne volonté et la nécessité de figurer comme un seul et même bloc identitaire, nous partageons des systèmes différents et devons nous contenter, sur le plan institutionnel pour le moins, d’être des proches. Je sais très peu de choses sur la façon dont vous fonctionnez, et dont les subventions vous sont allouées. Je sais très peu de vous, de vos moyens pour créer, de vos réalités. Vos artistes sont pourtant des références qui me font avancer dans mon travail, dans la façon dont je perçois mon métier et dans la manière dont je mène les combats. Mais admettons que nous savons très peu l’un de l’autre. Les paroles qui nous rassemblent sont trop rares, et ce soir, Het TheaterFestival m’offre cette opportunité.

Parlons de « nous ». Parlons des frontières. Qu’elle soit physique ou virtuelle, la ligne que représente une frontière est porteuse de mystère et d’énigmes. Au bout d’un territoire, se termine l’expertise et commence la curiosité.

« Nous », avant tout Humains, sommes des animaux sociaux, en proie à la compétition, à la concurrence, à la rivalité, à la guerre, et en plus… nous sommes européens, ce qui est un cadre plus large, une  marque identitaire commune, afin qu’ensemble, « nous » puissions désigner d’autres « vous ».

Malgré nos différences, dans cette salle, nous sommes entre « nous », travailleurs de la culture. Je pars du postulat que nous avons tous l’idée que l’art et la culture sont essentiels à la survie de notre société et à l’émancipation de nos concitoyens.

Politiquement, l’art a ses immuables questions. Qui peut en bénéficier ? À qui s’adresse-t-il ? Où en est le combat pour promouvoir l’accessibilité à l’art ? Comment se comportent les artistes pour élargir les publics ? Qui a le droit de faire de l’art ? Qui a la possibilité de rentrer dans une école d’art ? L’art est-il nécessaire ?

Je ne m’attarderai pas sur cette nécessité de l’art, sur sa force cathartique, le ciment social qu’il représente, et les défis contemporains du vivre-ensemble qu’il relève. L’art favorise l’acceptation du consensus démocratique, l’éducation au pourparler, au développement du libre-arbitre et favorise le débat. Nous sommes d’accord.

L’art relève des défis liés à notre époque. Des défis identitaires, liés à notre culture, et certainement au mélange de nos cultures.

Ecartons-nous de « l’art » en tant que tel pour poser la question culturelle. La culture est partout, et le mot « culture » est omniprésent. Normal, nous en avons besoin pour vivre. La culture est dans ce que nous mangeons, dans nos relations, dans la façon dont on se salue ou l’on se remercie. La culture est en mouvement, elle marque l’évolution notre histoire, notre patrimoine, notre héritage. Nous en avons besoin pour nous reconnaître et nous rassembler. Selon l’une de ses 117 définitions, la culture représente un ensemble de valeurs liées à une communauté.

L’art, quant à lui, est un acte, un discours plus ou moins rationnel, formulé avec les matériaux les plus divers. Et si la culture peut nous rassembler, je pense que nous avons besoin de l’art pour nous mélanger. On peut parler d’industrie culturelle, mais on ne peut pas parler d’industrie artistique. Nous avons deux Ministres de la culture, mais nous n’avons pas de Ministre de l’art, pas encore. C’est vrai, nous pourrions avoir un seul Ministre de l’art, un seul, que nous nous partagerions, pour commencer… Le Ministre de la culture s’occuperait des actions culturelles à mener dans les écoles et les quartiers, tandis que le Ministre de l’art allouerait une aide à tel ou tel projet… Bien sûr, je plaisante. En réalité, l’art est une question trop sensible pour être politisée. Il faut que la société aide les artistes à produire des oeuvres, en considérant sa fonction sociale, culturelle, et en acceptant que l’oeuvre n’a pas vocation d’être un produit. Or, malgré l’entendement général concernant l’utilité des artistes, la guerre menée contre leur statut est féroce. À travers le monde, les responsables de l’art et la culture ont beau défendre les artistes, ce que le système impose aux forces politique, économique et institutionnelle, c’est l’appauvrissement des artistes, leur dé-professionnalisation, et la caricature de ceux-ci.

Pourtant, la culture, elle, est partout. De l’émission culinaire à la publicité. Tout le monde en a besoin, et de nos jours, il faut pouvoir parler à chacun, et le plus efficacement. Nous avons besoin de la beauté, qui procure une sensation de plaisir, de la poésie, de l’émotion, sans quoi rien n’aurait de sens. La culture, c’est l’arme absolue, le vecteur avec lequel les médias de masse, les politiques jouent aujourd’hui. La culture, c’est aussi l’étendard du populisme, du narcissisme, du consumérisme… Mais qu’en est-il de l’art ?

Ma génération a vu une démocratisation de certains outils de création. Aujourd’hui, un jeune étudiant-réalisateur peut tourner son travail de fin d’études avec un appareil photo et remporter des prix internationaux… Imaginons maintenant qu’il s’agisse d’un garçon de quinze ans, qui bidouille dans un grenier, sans référence aucune mais dans un geste artistique pur, imaginons qu’il ait été recalé dans toutes les académies et n’ait obtenu aucune sélection dans ces fameux festivals… il pourrait encore faire des millions de vues sur internet avec son film ou sa composition musicale. Aujourd’hui, chacun a la possibilité de produire, émettre. Chacun est une antenne, un média. Et pourtant, malgré ces possibilités infinies, les canaux de production et de diffusion de l’industrie culturelle se resserrent

Prenons Netflix et Live Nation. Dans leur domaine respectif, ils sont d’un bout à l’autre de la chaîne culturelle. Certaines de leurs productions sont pourtant bel et bien des oeuvres, en plus d’être des produits. Le film Okja, production de Netflix non-destinée à être vue en salle, est sélectionnée au Festival de Cannes, qui est bien plus proche de nous que le siège de Netflix. Bien plus proche de nous, de ce que nous sommes, de la façon dont nous témoignons du monde. Ce rapprochement est inquiétant car l’industrie du film, en ce cas précis, peut créer le trouble et assimiler un produit à une oeuvre. Elle peut orienter les conditions dans lesquelles nous verrons ce film, et ce que nous attendrons de leurs autres productions. Netflix repose sur le système des algorithmes. Le système mis en place par Netflix permet d’orienter notre chemin de spectateur, de limiter, à première vue, les contenus que nous regardons, que nous sommes susceptibles d’aimer, de partager. L’algorithme est une insulte au spectateur et à sa curiosité. Il occulte ce que nous pourrions découvrir par nous-mêmes. L’algorithme est l’antithèse de la philosophie d’internet : se perdre, et s’émanciper par la découverte de l’autre. L’algorithme est le pire ennemi de l’art dans la mesure où il rend invisible tout contre-courant.

Revenons sur scène. Il y a quelques jours, j’étais en tournée avec mon spectacle Black Clouds au Sénégal. J’étais en visite technique au Grand théâtre de Dakar quelques mois auparavant. Et à mon, retour, à côté du théâtre, un autre théâtre avait poussé. Une salle de spectacle bâtie en quelques semaines. On voit rarement cela chez nous, n’est-ce pas ? Un grand groupe français, détenteur de plusieurs chaînes de télévision, de sociétés de transports, de points de vente de billetterie, et actif dans beaucoup d’autres domaines, a bâti une salle de théâtre. Grâce, entre autres, à sa chaine de télévision, et ses différentes activités, le groupe est ainsi présent d’un bout à l’autre de la chaîne de production artistique. Production, promotion, vente de tickets, exploitation. L’algorithme est matérialisé, ils détiennent le panel d’artistes, donc ils contrôlent leur message. Le cas Netflix se matérialise au théâtre, et pas n’importe où : en Afrique de l’Ouest! Et on peut présumer que les oeuvres proposées ne seront pas les plus génératrices de débats, tant sur le plan de l’engagement que de l’innovation esthétique.

Cela semble bien loin de nos salles de répétitions, mais je pense toujours à ce jeune artiste de quinze ans, qui bidouille et réinvente dans son grenier. Je pense à son futur, à la contamination de cette perception, de ce que doit être une oeuvre et sa fabrication pour le grand public que nous convions dans nos salles. Lorsqu’un journaliste défend l’idée que la culture est rentable car un festival remplit les hôtels et les restaurants d’une grande ville, en rappelant qu’elle est aussi lucrative et génératrice d’emplois que l’industrie automobile, ce n’est pas rassurant. Ce n’est pas rassurant, parce qu’a priori, ce n’est pas son rôle, et cet argument de bonne foi ne présage rien de bon, et est bien peu de choses en regard de l’utilité immatérielle d’une œuvre.

Notre façon de consommer la culture est problématique… c’est pourquoi nous devons lutter contre l’uniformisation et le mainstream, et travailler à l’éducation des spectateurs, dès l’école, afin qu’ils sachent éviter toute proposition artistique consensuelle, tant sur le plan du fond que de la forme. Voilà qui serait un bon sujet de tension entre le Ministre de l’art et le Ministre de la culture. Voilà qui est un sujet schizophrénique pour une seule personne.

Pour le moment, les arts de la scène tels que nous les connaissons en Belgique échappent plus ou moins à cette industrialisation des oeuvres. Il y a un fossé entre notre démarche artistique, nos ambitions, le rôle sur lequel nous nous accordons, et l’immense sphère culturelle telle que nous l’avons décrite plus haut.

Le théâtre reste inéluctable. Le fait de se déplacer au théâtre, et surtout d’y être ensemble, ici et maintenant, constitue un acte de résistance pour autant que nous n’y soyons pas « entre nous », que nous y soyons mélangés. Se rendre au théâtre est une démarche opposée au fait de se laisser bercer chez soi par son algorithme. Cette expérience collective est notre force, notre capacité à lutter.

J’ai commencé ce discours en vous parlant de la façon dont on perçoit l’étranger, dont vous devez me percevoir, à m’exprimer dans un mauvais flamand et dans une langue étrangère. Nous avons ensuite abordé les enjeux du vivre-ensemble et la nécessité d’aiguiser constamment notre curiosité, sans laisser l’offre de l’industrie culturelle nous prendre par la main.

Il est temps de parler concrètement. Pour cela, il faut se comprendre et se respecter. Moi, par exemple, je ne vous prends pas pour des idiots et je vous respecte. Je ne vous prends pas pour des idiots, car je sais très bien que vous savez. Je sais très bien que vous n’êtes pas dupes, que vous savez et entendez que je ne parle pas un mot de néerlandais et que j’ai appris ce discours phonétiquement, par coeur, pour pouvoir le dire. Vous l’entendez, je le sais. Mais je le fais en néerlandais, quand même, je ne sais pas pourquoi (rires). J’ai une excuse, j’ai grandi du côté germanophone, parce que oui, en Belgique on parle allemand aussi, et il y a d’ailleurs une activité théâtrale très dense là-bas. J’ai appris l’allemand. J’habite depuis sept ans à Bruxelles, et je ne parle pas encore néerlandais. Parce que je suis wallon, et paresseux… oui allez, dites-le. Mais je parle en néerlandais. C’est respectueux, mais ne nous prenons pas pour des idiots. Je vais donc continuer en français. Je vais parler en français pour aborder la question de nos frontières, de la nôtre, et des autres.

Il y a un an, je suis devenu directeur du Théâtre National Wallonie-Bruxelles. Proche de l’esprit de mon prédécesseur et de son engagement, j’ai réfléchi à ce que je pouvais amener de plus, de différent à ce théâtre. C’est très certainement l’aventure que je vis en compagnie qui me nourrit chaque jour et me permet de répondre à cette question : un esprit de famille en création, et un respect particulier pour les différents métiers du théâtre, lorsqu’ils sont en mouvement, et changent de rôle et de mode opératoire pour chaque création.

J’ai donc proposé aux artistes de partager ce que j’avais la chance d’avoir vécu : voyager pour créer. J’ai souhaité créer des distributions aux langues et cultures différentes, et décidé de sous-titrer les spectacles que nous présenterons. Mais il faut aller plus loin. Attirer de nouveaux publics, c’est également rassembler différents publics dans une même salle et c’est un travail au quotidien qui pose bien des questions. J’ai trouvé chez mes partenaires bruxellois et flamands des pistes de discussion et de travail pour tenter de nous rassembler. Rassembler des pratiques, des langues, mais aussi des disciplines et des publics différents, en tentant de briser, par exemple, les murs de clichés que l’on érige, du côté francophone en tout cas, entre le théâtre et l’opéra. Mais ces synergies ne doivent pas être des partenariats de communication servant l’image de nos maisons. C’est une question de combat pour la découverte d’autres pratiques, et l’engagement social ne peut pas être une affaire de publicité. Ces collaborations doivent être de réels tremplins pour les artistes; des possibilités de se rencontrer, d’amorcer de longs partenariats, et de travailler dans la communauté voisine. Les artistes doivent se rassembler autour de l’urgence de raconter, la nécessité de dire, où que l’on se trouve dans le monde, aujourd’hui; ils doivent créer des oeuvres communes sans dénaturer leur recherche personnelle. Je pense que rendre une œuvre universelle n’implique pas de la dénaturer. L’uniformisation de l’offre culturelle n’est pas une conséquence du fait qu’elle cherche à toucher un maximum de spectateurs de culture différente. Et pour s’exporter, il faut avant tout s’intéresser à l’autre, l’inviter. Il faut aussi que les institutions s’inspirent et se copient. J’aimerais que les compagnies francophones puissent vous montrer leur travail, mais chez nous, Het TheaterFestival n’existe pas encore.

La plupart des théâtres ont dans leurs missions de défendre les artistes présents sur leur territoire et c’est une notion incontestable, car l’artiste est en prise directe avec son territoire, et son oeuvre doit avoir des conséquences directes sur le lieu à partir duquel il témoigne. Mais ne devrait-on pas ouvrir les missions des théâtres pour permettre à des artistes venus d’ailleurs de brasser notre territoire, et parallèlement, favoriser l’exportation de nos artistes ? Il faut favoriser la mobilité, et ne jamais sous-estimer à quel point une représentation à l’étranger peut changer un artiste, son spectacle, le lieu qui l’accueille et ses spectateurs. Il faut pousser les théâtres à prendre des risques nationaux et internationaux. Pas seulement à présenter la playlist des quelques artistes qui jouent dans tous les festivals. Il faut certes présenter les maîtres, mais pas seulement. Une programmation ne peut se prétendre internationale, en n’invitant que des maîtres. Accorder une exclusivité internationale à quelques uns revient à favoriser le phénomène de la mode au théâtre. Et une jeune compagnie ne doit pas être secrètement animée par le rêve d’accéder un jour à cette playlist. La mode est l’antithèse d’une démarche artistique, du doute et de l’exploration permanente que représente la construction d’une oeuvre.

Se mélanger, partager, est une responsabilité à tous les niveaux. Politique, institutionnelle et artistique.

Le monde politique doit favoriser la mobilité des spectacles et des artistes, aider les institutions théâtrales à nouer des partenariats forts et osés tout en préservant une forme d’indépendance.

Les théâtres doivent prendre des risques sans frontière. On ne mesure pas l’importance d’un théâtre à sa subvention, mais à sa prise de risque. On ne doit pas laisser le monopole de l’international, de l’extra-territorial, aux institutions qui en ont les moyens.

Les artistes doivent penser et concevoir leurs créations pour un public sans frontière, et seule leur singularité créatrice empêchera l’uniformisation des oeuvres.

A l’instar de certaines grandes compagnies flamandes, la langue ne doit plus être une frontière. Les pratiques et les disciplines, non plus. Le plateau est un endroit idéal pour appréhender la ‘peur de l’autre’ la dompter et en faire une richesse. ?

Nous devons travailler et faire naître plus de distributions mixtes, d’influences étrangères sur nos scènes, qui ont une mobilité sur plusieurs régions, dans des langues différentes, et aux disciplines transversales.

La valeur ajoutée d’un spectacle, j’en suis convaincu, c’est l’aventure humaine qui le sous-tend, les voyages qui le nourrissent, les rencontres qu’il provoque, et qui, à leur tour, génèrent de nouveaux contenus. Favorisons les modes de création spécifiques selon les projets, et, libres d’associations, libérés des enchaînements de commandes, inventons pour chacun d’eux des approches sensibles.

Nous devons favoriser la rencontre entre les artistes, pour en faire des artistes sans frontières, des agitateurs du monde et non de leur quartier, et de leur famille de théâtre. C’est la curiosité qui modifiera nos pratiques, et c’est grâce à elle que le public sera demandeur de l’imprévisible. L’imprévisible universel.

Cela m’apparait être une réponse en lien avec ce que l’artiste recherche dans son entreprise culturelle : survivre, face aux désirs conscients et inconscients des forces de pouvoir évoquées plus haut, qui poussent à sa disparition, ou à sa marginalisation; créer son indépendance, sa propre histoire, entrer en lien direct avec son public; enfin, entrer en lien direct avec d’autres publics, qui remettent en question sa pratique, son récit ou les images qu’il évoque, car ils les comprennent différemment.

Quand j’avais quinze ans, mon professeur de français me mettait en garde contre les dangers de la globalisation et deux ans plus tard, le World Trade Center s’écroulait. Aujourd’hui, quinze ans plus tard, le monde a changé. J’écris ce texte dans un avion que l’on prend aussi facilement qu’un bus, et je ne me pose pas la question de la nationalité de la compagnie aérienne que j’ai empruntée. Les frontières sont floues. Si j’ai beaucoup de facilités à prendre l’avion pour jouer mon spectacle au Sénégal, mon équipe a beaucoup de mal à faire venir mes comédiens sénégalais pour notre tournée en Belgique. Les frontières ne sont pas les mêmes pour les uns et les autres.

A-t-on réellement besoin de délimiter des zones lorsque l’accès est simple des deux côtés ?

Y a-t-il beaucoup de différences entre le jeune garçon que j’étais et celui qui bidouille aujourd’hui dans son grenier ? Pas tellement. Comme moi, il a commencé parce qu’un adulte à, un jour, décidé de ne pas jeter sa vieille camera et la lui a donnée pour qu’il la démonte. Il n’a pas vraiment de point de vue ou de rapport particulier aux frontières, car depuis son grenier, il a  la chance d’être du bon côté de la ligne, d’avoir accès à une multitude d’informations et de références qu’il peut rapidement traduire et comprendre. Je ne sais pas quelle langue il parlera, demain. Aura-t-il encore besoin d’apprendre une langue pour la comprendre ?

Merci. Bon TheaterFestival.

Lees hier de State of the Union in het Nederlands.

Lisez ici notre interview avec Fabrice Murgia.

Lisez ici un portrait de Fabrice Murgia.

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